La cuisine médiévale.

Publié le par Lauriane

Les historiens du XIXème siècle et du début du XXème siècle ont fait passer la cuisine médiévale pour outrancièrement épicée.
D'après eux c'était la seule méthode qu'avaient nos aïeux pour cacher le goût avarié de la viande et des poissons.

 

On se rend compte aujourd'hui que la cuisine médiévale est une cuisine subtile et raffinée, et que les gueux de l'époque savaient à merveille utiliser les saveurs et les marier.

 

La cuisine médiévale est donc épicée et le Moyen-âge témoigne d'une perpétuelle quête dans la maîtrise et l'harmonie des épices dont le nombre est réellement impressionnant. Certaines épices telles que le poivre long d'Insulinde sont même oubliées aujourd'hui.

 

La cuisine médiévale se servait des épices non seulement pour leurs vertus médicinales mais aussi pour colorer les mets.

Les cuisiniers du moyen-âge utilisaient du gingembre, de la cannelle, du clou de girofle, de la noix de muscade, du macis, du safran, de la maniguette ou graine de paradis, du cardamome, du galanga ou garingal, ou du poivre.
Elles sont délayées dans du vin, du vinaigre, du verjus, ou du bouillon, puis mélangées au reste du plat à la fin de la cuisson pour garder les parfums et le colorer.

Cependant les épices n'étaient pas à la portée de toutes les bourses !. Elles constituaient une critère de distinction sociale. Le peuple ne refusait pas non plus le plaisir des épices et les plus humbles étaient comblés lorsqu'ils détenaient du poivre, épice devenue un peu trop accessible pour les plus riches.

 

Dans tous les cas la cuisine médiévale du Moyen-âge faisait preuve d'une certaine diététique : assez peu de corps gras, pas de sucre (le sucre était plus considéré comme une forme de médication que comme un réel agent gustatif).



A quoi ressemblait un repas dans un monastère ?


Au XIème siècle, le repas principal (pris vers midi) était le suivant :

- Deux plats cuits : l'un de fèves, l'autre de légumes,

- un plat de légumes frais ou de fruits,
- une livre de pain
- et un hémine de vin.


A ces plats s'ajoutaient selon les jours une pitance de fromage et d'œufs (les lundis, mercredis et vendredis) ou de poissons (les jeudis et dimanches) ou une générale d'œufs (les mardis et samedis). La pitance se partageait entre deux moines, la générale était pour un seul moine.


Au réfectoire, le moine restait debout derrière sa chaise, sans aucun geste, jusqu'à l'arrivée de l'abbé. La nappe était pliée d'une façon précise.

La distribution des mets se faisait dans un ordre défini ; il était par exemple décidé que pour telle tête au premier service, on commencerait de servir les plus anciens, puis au second service les plus jeunes... Le repas avait un caractère solennel, c'était une sorte de communion collégiale rythmée par des psaumes, des prières et des lectures précises.


Quelques règles à suivre par les moines lorsqu'ils étaient attablés :

- Le moine devait manger sans faire de bruit.

- Il devait boire en prenant son verre à deux mains sans aucun bruit.
- Quand l'abbé donnait le signal, le moine s'arrêtait de manger, se levait, se plaçait devant la table, prononçait l'action de grâce, s'inclinait et se retirait en silence.
- Il devait prendre le sel avec son couteau.
- Il devait manger tout ce qui était mis dans son assiette et remercier en s'inclinant devant le frère qui l'avait servi.  


Sources Château de Cassan. 

Publié dans Divers

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profshadocko 07/08/2009 20:58

Finalement, les soudards ne devaient pas si mal manger... si ce n'est qu'ils eurent certainement des problèmes pour conserver les viandes !En tout cas, ils avaient un sérieux avantage coté santé:la chimie n'existant pas, les aliments étaient forcément plus naturels par la force des choses!C'est vrai que beaucoup de gens ont des idées"reçues" sur une multitude de thèmes...

jacquesjer 07/08/2009 10:16

merci pour le commentaire, intéressant ces info médiéval + que mangeait Dürer lors de sa création de la gravure "Melencolia§I"?

vespcondove 06/08/2009 10:03

ciao, merci du passage,
plein d info interessante ton article.
A bientot sur les routes du blog

CALVET 05/08/2009 17:46

merci pour tes notes sur la cuisine moyennageuse, aux arcs dernièrement nous avons goûté aux vins du moyen age très épicés également : un régal ! amities dominique (photos de la fête sur mon blog !)

Moka 05/08/2009 17:30

J'aime beaucoup ce petit point historique et culinaire !